Index de l'article

 (Voir aussi les vidéos de chaque jour)

Pâques, fête de la Résurrection

« Que tout être vivant chante louange au Seigneur !

Alléluia ! (Psaume 150, 6)

Avec quelle joie, ce matin, Jaïre te voit approcher, marchant sur le rivage !
L’espoir renaît dans le cœur du chef de la synagogue de Capharnaüm. Il vient alors se jeter à tes pieds, en t’implorant de venir en aide à sa fille, la prunelle de ses yeux, qui agonise dans sa maison. La sincérité de sa demande, la foule qui t’écrase, tout devrait te faire presser le pas. Pourtant Tu t’arrêtes encore en route pour une autre guérison. Tu vas ton chemin, sans angoisse ni précipitation. Même face à l’urgence d’une mort imminente, Tu sais que le Père t’exauce toujours.
Avec quelle délicatesse, ce matin, Tu rassures ce père blessé, quand tous baissent les bras !
À l’annonce de la mort de l’enfant, son cœur s’est brisé. Ses efforts n’ont servi à rien et sa fille le quitte, quitte la vie, encore si jeune. Les gens de sa maison, qui savent le caractère implacable de la mort, lui conseillent de ne pas t’importuner davantage. Il leur est impossible d’imaginer une autre issue. Mais toi, en toute discrétion, Tu saisis sa détresse et sans lui donner de leçon, l’invite à la confiance et à l’espérance : il n’est jamais trop tard pour celui qui croit.
Avec quelle paix, ce matin, Tu entres dans le lieu où repose l’enfant bien-aimée ! Pour la relever du sommeil de la mort dans laquelle la maladie l’a entraînée, il nous semble te voir t’asseoir à côté d’elle et lui dire d’une voix ferme mais douce, en lui prenant la main : « Talitha koum », « jeune fille, je te le dis, lève-toi ! »* Une fois l’enfant debout, c’est toute ton humanité qui se manifeste, lorsque Tu es attentif à ce que son corps reprenne des forces. Tu t’inquiètes qu’elle puisse manger, avant de la rendre, vivante, à ses parents.
Jésus, Toi le premier-né d’une multitude de frères et de sœurs, qui surgit, en ce matin de Pâques, du tombeau, souviens-toi de ce jour au bord du lac de Galilée et de cette enfant que tu as relevée. Aujourd’hui, comme au jour de notre mort, donne-nous aussi de voir cette lumière éclatante, et de t’entendre murmurer à notre oreille ces mots plus puissants que mille trompettes, pour te suivre au jardin de ta résurrection : Talitha koum !

*Évangile selon saint Marc, ch. 5, v. 41

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Frère Philippe Verdin, op. (Responsable Avent dans la Ville) : Frère Dominique, 88 ans, a été hospitalisé il y a 15 jours : coronavirus, poumons atteints et médecins sceptiques… Il est rentré hier au couvent. Il aura peut-être des séquelles mais il est vivant. Le Christ ressuscité porte la marque du coup de lance et des clous, mais il est vivant ! Bien sûr, il y a trop de morts. Un autre frère âgé du couvent est décédé le vendredi saint. Mais il y a mille résurrections chaque jour. Pas seulement de santé ! Des réconciliations, des retrouvailles, des surprises inespérées. En ce confinement émerveillons-nous de Dieu qui agit aussi dans les petites choses.

Samedi Saint

« Je veux louer le Seigneur tant que je vis, chanter mes hymnes

pour mon Dieu tant que je dure » (Psaume 145, 2)

Quand nous avons interviewé la sœur Fabienne-Marie au Monastère de Langeac, elle nous a  raconté que lorsqu'il y a un arc-en-ciel, toutes les sœurs arrêtent leur ouvrage et se rassemblent pour l'admirer. Pour ces femmes, contempler la beauté de la création va de pair avec la contemplation du Christ. Dans les deux cas, elles y voient un signe de l'amour du Père.
Le confinement et le temps qu'il libère peut nous aider à retrouver le sens de la contemplation. Justement, le don de sagesse qui clôture notre série est le don contemplatif par excellence. Les monastères, ces écoles de la contemplation, sont des lieux presque hors du temps, ils semblent ne pas être ébranlés par les événements du monde. Confinement ou non, la vie s'y déroule, heure par heure, jour après jour, centrée sur le Christ, la Parole de Dieu et l'amour fraternel.
La sœur Fabienne-Marie nous parle du don de sagesse et nous partage sa riche expérience de moniale dominicaine.

Belle fête de Pâques, fr. Benoît Ente, op

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Sr Fabienne-Marie, op. (Prieure du Monastère de Langeac) :
Notre expérience de confinement
Notre monastère étant en ville, ce qui me marque, c’est le silence : on n’entend presque plus les voitures, il n’y a plus de cars scolaires, le café d’en face est désert. On entend chanter les oiseaux, le vent dans les sapins, on remarque davantage les pommiers et pruniers en fleur, la lune qui apparaît tôt dans le ciel. Plus personne ne se présente à la porterie, la boutique est fermée, les contacts se maintiennent par téléphone et Internet. Pendant nos offices, la prière d’intercession se fait plus instante pour les isolés, malades, non visités, ceux qui meurent seuls.

Vendredi Saint 10 avril

« Dieu saura bien trouver l'agneau pour le sacrifice,

mon fils » (Genèse 22, 8)

Monté sur son âne, le fils avance vers la montagne, dans un grand silence. Abraham marche devant et rumine son incompréhension. Il part sacrifier son fils unique, obéissant à la demande surréaliste de Dieu : lui offrir Isaac, ce fils tant désiré, arrivé dans un éclat de rire* quand on ne l’attendait plus. Alors qu’Isaac est déjà fixé au bois et que son père lève le couteau, par la main de l’ange, Dieu vient arrêter son geste fatal. Non seulement parce que cela lui suffit, Il a éprouvé l’obéissance de son serviteur, mais tout aussi radicalement parce qu’Il a le meurtre en horreur. Au-delà de son amour paternel pour son fils, Abraham découvre alors que cet enfant, vivant, a un prix inestimable aux yeux de Dieu. Il est l’héritier de l’Alliance, il porte la bénédiction de la part de Dieu pour tous.
Après être entré à Jérusalem sous les acclamations, Jésus fut lui aussi hissé sur le bois, pour être sacrifié sur l’autel de la tranquillité des autorités religieuses de l’époque. Mais sous le sordide des jeux de pouvoirs humains se joue quelque chose de bien plus essentiel : le salut, la vie du monde. « Dieu a tellement aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique. »** Du haut de la Croix, Jésus est le signe de cette générosité infinie de Dieu qui ne nous a pas refusé ce qu’Il avait de plus cher.
En ce jour, nous nous tenons face à la croix, avec tous ceux qui combattent le mal, qui le subissent dans leur chair, qui pleurent un être aimé. En ce vendredi saint qui semble s’éterniser, la croix n’est mystérieusement pas qu’un signe de mort ou de désespoir. Elle resplendit aussi du don du Christ, qui donne du prix à ma vie, à chacune de nos vies. Un prix infini.

* Livre de la Genèse, ch. 17, v. 17 ; ch. 18, v. 12 ; ch. 21, v. 6
**Evangile selon saint Jean , ch. 3, v. 16

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Sylvette (le “couteau suisse” de Retraite dans la Ville) : « Tu as du prix à mes yeux » c’était le thème du pèlerinage du Rosaire en 1990, ma première année d’engagement et pas ma dernière ! A Lourdes, nous sourions, nous rions, car nous sommes en fraternité. Tous, dans nos faiblesses ‒ peur, échec, maladie ‒ nous reconnaissons notre besoin les uns des autres. Cette chaude solidarité humaine ouvre le chemin d’une vie fleurie par l’échange, la confiance, l’amitié.
Et moi aujourd’hui, isolée, j’ai du prix aux yeux de qui ? Qui a du prix à mes yeux ? Ah c’est vrai, il y a deux jours j’ai eu Janinka au téléphone, c’était pas la forme, je vais la rappeler…

Jeudi Saint 9 avril

« Son père courut se jeter à son cou

et le couvrit de baisers » (Luc 15, 20)

Le temps s’écoulait comme du sable entre les doigts du fils prodigue. Dans un tourbillon, sans même s’en rendre compte, il avait dilapidé tout l’héritage de son père. L’or s’était changé en boue, dans laquelle pataugeaient joyeusement des porcs. Pour son père, au contraire, les heures s’étiraient. Chaque seconde d’absence de son fils le tenaillait d’inquiétude. Passant son temps sur le toit de la maison, il guettait l’instant où il pourrait, enfin, le voir revenir sain et sauf.
Lorsqu’il grandit et cherche son chemin, l’enfant a parfois besoin d’espace et vit l’autonomie sur le mode de la confrontation avec l’autorité. Mais cela n’empêche pas ses parents de continuer à se comporter comme des parents ! Le père du prodigue n’agit pas envers son fils comme face à un adversaire qui contrarie ses plans. Au contraire, il révèle tout l’amour et la compassion dont il est capable. Il reconnaît toujours dans le fuyard son fils. Il sacrifie même une partie de sa vie à l’attendre et célèbre le moment de son retour par un banquet somptueux.
En rassemblant ses apôtres pour un dernier repas, Jésus les fait participer au banquet du Père qui se réjouit du retour de son Fils. Jésus n’est pas le prodigue, mais Il est sorti du Père pour ramener à la maison tous les enfants prodigues que nous sommes.
Cette année, nous ne pourrons pas nous asseoir à la table du Fils, mais nos repas peuvent néanmoins être des repas pascals, qui nous relèvent pour prendre un nouveau départ et revenir transformés vers le Père. La miséricorde de Dieu ne dort pas, elle veille et prépare déjà le festin des retrouvailles en emplissant nos coupes des larmes de sa joie.

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Géraldine : J’ai souvent été révoltée par la société dans laquelle nous vivons, trop rapide, qui me faisait alterner entre pression et dépression. Je l'accusais souvent d'être de plus en plus violente, impersonnelle. Je subissais une fuite en avant. Cela ne pouvait pas durer éternellement, mais jamais je n'aurais imaginé cela. Sortirons-nous grandis de cette épreuve, plus humains, comme le fils prodigue, de retour vers son Père ? Retrouverons-nous l'essentiel de nos vies, notre relation à l'Autre, à Dieu ? La capacité à nous émerveiller dans une vie devenue plus sobre, prendre le temps de vivre, enfin !

Mercredi Saint 8 avril

« Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David »

(Isaïe 11, 1)

Lorsque le prophète Isaïe annonce la venue du Messie descendant de David, il la compare à celle d’un bourgeon qui surgit au printemps, dont la puissance de vie parvient à transpercer l’écorce la plus épaisse. Jésus survient, Il est le bourgeon tant attendu, et sa nouveauté trace également son propre chemin, déboussolant au passage les attentes de ceux qui pourtant lui sont tout proches.
Alors qu’Il est encore enfant, Il échappe à la surveillance de ses parents lors du pèlerinage annuel à Jérusalem, parce qu’être un fils obéissant, c’est d’abord pour lui être aux affaires de son Père du Ciel. Ses disciples, malgré trois ans de cohabitation, font la même expérience : reconnaissant en lui le Messie, ils espèrent qu’Il sera ce roi temporel, qui rendra au peuple sa souveraineté. Mais sa royauté n’est pas de ce monde.
La nouveauté de Jésus n’est donc pas simplement le fait de sa naissance, mais elle se révèle à chaque instant de sa vie. Il nous faut certes l'accepter mais aussi en prendre soin. Le bourgeon est aussi, à sa sortie, la partie la plus fragile de l’arbre, que l’on peut, d’un coup d’ongle, arracher. En projetant sur Jésus nos attentes, comme on le ferait pour un enfant, on cherche en fait à habiller l’absolue nouveauté avec les vêtements du passé, à enfermer ce qui jaillit au plus proche de la source de la vie dans des outres déjà anciennes.
Nous aussi avons de quoi être déroutés ces jours-ci : nous voulions vivre la semaine Sainte en communauté, célébrer la Pâques de Jésus, peut-être même être baptisé pendant la nuit de Pâques… Et voilà que Dieu nous demande d’attendre, de vivre cette grâce de Pâques sous une forme nouvelle, inconnue, cachée. Il en va ainsi du Royaume de Dieu. De jour ou de nuit, à notre insu, sa semence germe et grandit.

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Fr. Emmanuel Dumont, op. (Responsable ThéoDom et aumônier de prison) : Le confinement stimule notre imagination. Grâce à la débrouillardise de l’équipe ThéoDom, nous avons produit en un temps record une série vidéo pour la Semaine Sainte. J'ai vu aussi des grands-parents inventer un babysitting par vidéo-conférence pour soulager leurs enfants. Mais parfois la technologie ne peut pas aider. C’est le cas avec les détenus que je rencontrais en prison. Là, il faut reprendre la plume pour garder la relation. C’est peut-être ça le mystère de la résurrection : une nouveauté inépuisable. « Je fais toutes choses nouvelles » dit l’Apocalypse.

Mardi Saint 7 avril

« Parle Seigneur, ton serviteur écoute » (Livre de Samuel 3, 9)

Comme beaucoup d’enfants de son âge, le petit Samuel était au service. Une tâche particulière puisqu’il servait le prêtre Éli dans le temple de Silo, mais l’obéissance qui était attendue de lui était très classique : faire ce que lui disait le prêtre, en supportant son ton agacé, surtout quand il le dérangeait plusieurs fois de suite la nuit pour des mauvais rêves... « Je n’ai pas appelé, retourne te coucher ! » Cette discipline n’était pourtant pour Samuel qu’une école, avant de franchir un cap et de découvrir, en dialogue avec son Seigneur, le vrai sens de l’obéissance.
On peut à raison se méfier de l’obéissance, parfois détournée, pervertie, pour réduire au silence celui à qui on demande d’obéir ou pour éviter toute parole qui remettrait en question la légitimité de celui qui ordonne. L’obéissance c’est pourtant tout le contraire. Obéir, du latin ob-audire, c’est prêter l’oreille, se mettre à l’écoute d’une parole qui résonne en nous, et peu à peu faire naître et grandir notre propre parole. Ainsi, Samuel, à l’écoute de Dieu, est devenu prophète.
Parce qu’Il est Fils, Jésus aussi écoute la voix de son Père. Il lui est obéissant et se fait son serviteur. Mais cette obéissance n’est pas un silence passif ou résigné, c’est une conversation ininterrompue avec le Père, dans laquelle Il nous fait entrer. Exercer une autorité au nom du Fils, c’est donc toujours viser l’autonomie de ceux qui nous sont confiés. C’est à cette condition que pourra naître et s’épanouir leur parole, comme un chant libre et singulier.

*Premier livre de Samuel, ch.3, v. 5

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Isabelle : Petits enfants, petits soucis, grands enfants, grandes joies
Le confinement a entraîné le retour des « grands enfants » à la maison. Nous retrouvons, mon mari et moi, un rythme de vie avec des enfants qui ont quitté le nid familial depuis des années. L’amour qu'ils ont reçu leur a permis de grandir, de s’épanouir et de devenir des adultes libres. Ils ne font pas toujours les choix que nous avions imaginés, mais cela leur appartient… Nous profitons de ce temps exceptionnel pour avoir des discussions bienveillantes, voir qu’ils sont devenus des belles personnes et se dire que, peut-être, nous, parents, nous y sommes pour quelque chose !

Lundi Saint 6 avril

« Le Fils fait seulement ce qu'il voit faire par le Père » (Jean 5, 19)

« Hosanna au Fils de David ! » La foule souhaite la bienvenue à Jésus à Jérusalem, et lui reconnaît un statut très particulier : il est l’héritier du roi David. Jésus assume cette condition de fils en mettant ses pas dans les pas de son père. Il vient avec courage à Jérusalem, sans craindre les autorités religieuses, comme David, encore enfant, s'était avancé sans défense face au géant Goliath. Il se réjouit avec la foule qui agite des rameaux, comme David avait dansé devant l’Arche d’Alliance, la présence la plus sacrée de Dieu, sans se soucier de savoir si cela convenait à un roi.
En bon fils Jésus imite David sans s'enfermer pourtant dans la répétition. Il s'inspire des qualités morales de son aïeul et découvre sa propre vocation de Fils. C’est le génie de l’enfant, de savoir tout à la fois absorber, imiter, pour apprendre les gestes élémentaires, avant de les combiner de façon nouvelle : bouger ses doigts, saisir un objet, puis prendre un feutre pour réaliser une fresque sur le mur du salon !
En temps de crise avoir un modèle est rassurant, encore faut-il pouvoir lui faire porter un fruit neuf et nourrissant. Pour Jésus comme pour David, la capacité de rendre fécond leur héritage s'enracine dans l'assurance de la présence vivante de Dieu dans leur vie. C'est cette relation dont ils ont soif et qui les fortifie dans la joie ou le danger.
Au-delà de toute action concrète, le véritable air de famille qui unit tous les enfants de Dieu est cette relation vivante avec le Père. En entrant dans cette Semaine Sainte si particulière, nous mesurons l'enjeu de toute notre vie spirituelle : dépasser tout modèle pour trouver notre vocation, et refléter le visage du Père en imitant sa liberté.

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Chantal Pithois-Latapie (responsable des rencontres de carême) : Hosanna pour les soignants ! Il est 20 heures, j’ouvre ma fenêtre et je me joins à tous ceux qui acclament chaque soir les soignants. Je retrouve les voisins de ma rue, connus ou inconnus. Des liens se tissent. Une joie circule et nous enveloppe. Nous sommes heureux d’être là et de nous retrouver. Échanges de petits signes de la main, d’un côté à l’autre de la rue. Je nous imagine déjà dans quelques semaines à 20 heures sur le trottoir pour partager un apéritif dans la douceur du soir. N’est-ce pas là un signe d’espérance, un geste de résistance ?

Dimanche des Rameaux, 5 avril

« Voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur » (Matthieu 21, 5)


L'enfant roi

Jésus entre à Jérusalem, porté en triomphe par tous ceux qui l’ont entendu parler comme aucun autre, qui l’ont vu agir avec puissance, en se faisant proche des plus délaissés. Mais ce triomphe a quelque chose de minimaliste dans les moyens mis en œuvre : un âne sert de monture, quelques manteaux font office de tapis rouge, des branchages tiennent lieu de bannières. On dirait presque un spectacle donné par des enfants, demandant un peu d’imagination, mais auquel le regard des enfants s’ajuste sans peine. « De la bouche des enfants, des tout-petits, Dieu a fait monter sa louange ! »* 
En terme de minimalisme, cette année, nous sommes servis ! Plus de messes depuis le 15 mars, pas de procession des rameaux non plus. Il nous est demandé d’improviser, avec les moyens du bord, une nouvelle manière de nous préparer à la fête de Pâques. Et pourtant, aucun de nous, même seul, ne vivra une Semaine Sainte moins importante que l’année dernière. Où que nous soyons nous pouvons la vivre de façon authentique. En nous grandit en effet une soif de libération et l’attente du jour où nous pourrons descendre dans la rue pour crier notre joie, comme les enfants de Jérusalem. 
Si tu savais le don de Dieu... Ce don, au terme de ce carême en quarantaine, c’est Jésus lui-même qui s’avance jusqu’à chacune de nos maisons. Pour oser, malgré l’angoisse, communier à la joie des enfants, faisons confiance à leur lucidité spirituelle. Il ne s’agit pas que de naïveté ou d’innocence, c’est un vrai potentiel, une autre façon d’être humain. Qu’il s’agisse des enfants avec qui les parents cohabitent, plus que d’habitude en ce moment, ou des enfants de la Bible, ils peuvent nous inspirer ! 
Cette semaine, malgré l’aridité du confinement, accueillons notre roi qui vient comme un enfant, mettons-nous à son école, pour apprendre à devenir des enfants, mais aussi pour apprendre avec eux à être pleinement humains, tels que Dieu nous attend.

*Evangile selon saint Matthieu, ch. 21, v.16