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Cérémonie inter religieuse à la mosquée de Pau :

Des gens de bonne volonté

Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn, mercredi 18 novembre 2015

Une cérémonie interreligieuse a eu lieu mercredi à 19h30 à la mosquée de Pau, avenue des lilas. En présence de représentants des cultes catholique, protestant, juif et bouddhiste. La préfecture et la mairie étaint également conviées.

Après les attentats perpétrés à Paris vendredi soir, les fidèles de la mosquée de Pau avaient décidé de marquer leur solidarité avec les familles et leurs proches en conviant tous les croyants à une cérémonie interreligieuse ce mercredi soir.

Une prière qui s'est accompagnée de l'appel du groupe interreligieux de Pau, avec le concours de La Fraternité François d’Assise de Pau : 

« Indignés et attristés par les attentats qui ont eu lieu à Paris et à Saint-Denis dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015 nous voulons :

  • Témoigner de notre profonde compassion à toutes celles et tous ceux qui ont été touchés par ces attentats, que ce soit au prix d'une vie, de blessures corporelles, ou de marques psychologiques et morales. 
  • Nous condamnons ces agissements qui visent à semer la violence et la peur, et dresser les Hommes les uns contre les autres.
  • Nous affirmons avec force et détermination que le nom de Dieu ne saurait être invoqué pour légitimer quelque violence que ce soit.
  • Nous ne souhaitons pas nous en tenir à de belles paroles, mais nous voulons partager un moment de fraternité vécue et de paix.
  • Nous invitons toutes celles et tous ceux qui se sentent concernés à un moment de prière commune à la mosquée de Pau, mercredi 18 novembre à 19h30 ».

Une initiative saluée par l'abbé Jean-Jacques Dufau, curé de la paroisse du Christ-Sauveur, dans le centre-ville de Pau :
« On ne peut croire à un Dieu qui veut la mort des gens. Pour nous les chrétiens et je pense aussi pour les autres religions, ce qui compte, c'est un Dieu qui veut la vie. Tous les croyants doivent rester unis, les religions doivent aller dans ce sens-là, créer une bonne entente entre les peuples... » dit-il.


L'imam, le rabbin et les représentants des cultes © Radio France - Daniel Corsand

Les organisateurs de cette cérémonie inter-religieuse ont été surpris du nombre. Certains fidèles n'ont pas pu rentrer dans la salle de la mosquée de Pau. Au moins 300 personnes se sont déplacées pour ce moment de prière œcuménique avec tous les responsables des différents cultes représentés à Pau.

« Ne tuez pas la personne humaine car Allah l'a déclaré sacrée »
L'imam citant le coran (Abdellatif Benamar, l'imam remplaçant)

Portes-ouvertes à la mosquée de Pau


"C'est la première fois que je viens dans une mosquée", a témoigné un visiteur
© Le Deodic David

Lire l'article du journal Sud-Ouest

Un dialogue très ouvert où toutes les questions ont pu être posées comme, par exemple :

  • Le rôle des femmes ?

L'imam : Il y a des femmes saintes et des femmes savantes. La femme a tous les rôles et la mère est très importante : on dit que le paradis commence aux pieds de la mère. Je baise les pieds de ma mère.

  • La transmission de la foi, l'interprétation des textes ?

Être musulman, c'est accepter tous les prophètes : Abraham, Jésus... Ce n'est pas dire "Je ne veux pas celui-là". On croit ou ne croit pas. Savez-vous combien de temps il faut pour être savant ? Toute une vie. Seuls les savants peuvent interpréter les textes car il faut être très cultivé pour pouvoir le faire : être capable de lire en arabe les textes, les traduire sans sortir du contexte. Or certains ne prennent qu'une partie du texte et la sortent du contexte...

Le problème est qu'à sa mort, en 632, Mahomet, dernier grand prophète du monothéisme, n'a pas laissé de directives d'où les deux grands courants Chiites et Sunnites. Il ne nous appartient pas à nous d'interpréter.

Document du Monde pour comprendre :
Se pose alors la question du successeur le plus légitime pour diriger la communauté des croyants :
- les futurs chiites désignent Ali, gendre et fils spirituel de Mahomet, au nom des liens du sang
- les futurs sunnites désignent Abou Bakr, un homme ordinaire, compagnon de toujours de Mahomet, au nom du retour aux traditions tribales

Une majorité de musulmans soutiennent Abou Bakr, qui devient le premier calife. Depuis, les sunnites ont toujours été majoritaires. Ils représentent aujourd’hui environ 85 % des musulmans du monde. Les seuls pays à majorité chiite sont l’Iran, l’Irak, l’Azerbaïdjan et Bahreïn, mais d’importantes minorités existent au Pakistan, en Inde, au Yémen, en Afghanistan, en Arabie saoudite et au Liban.

  • Ne peut-on pas repérer les jeunes qui se font embrigader ?

Comment voulez-vous que l'on fasse ? On est les premiers à en souffrir !
Quand un jeune s'est, par exemple drogué, et qu'il veut se repentir, certains vont profiter de cette fragilité et vont lui dire : "ce que tu as fait est très mal, mais nous on va te montrer le chemin de la conversion". Voilà comment certains vont se faire embrigader...

Après cela, et la visite de la salle pour les femmes avec les bassins pour se purifier, de délicieuses spécialités et le thé étaient proposés par des femmes musulmanes... une autre occasion de parler avec elles. Partout l'accueil a été chaleureux.