Dans la nuit du 26 au 27 juin 2015, à l’occasion de la Journée internationale des Nations Unies de soutien aux victimes de la torture (26 juin), les chrétiens du monde entier se sont engagés à soutenir par leurs prières ceux qui souffrent aux mains des bourreaux.

Sur l'agglomération de Pau, trois rendez-vous de soutien par la prière ont été proposé : à la Maison Bernadette, chez les Petites Sœurs des Pauvres et en l'église Saint Paul.

Ils sont Bahreïni, Érythréens, Chinois, Mexicains... Ils ont été battus, violés, torturés, emprisonnés, pour leur engagement en faveur des droits de l’homme, pour leur engagement politique, pour avoir protégé les plus pauvres, pour le choix de leur orientation sexuelle, pour les faire taire, pour les faire parler...

Le thème de cette année :

« QU’EST-CE QUE L’HOMME ? »
d’après le Psaume 8 verset 5
« Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui,
le Fils d’un homme pour que tu en prennes souci ? »

Le psalmiste place l’homme dans un mouvement de reconnaissance envers son créateur. Une reconnaissance presque indicible tant l’homme est impressionné par la beauté et l’immensité de la création. Reconnaissant, aussi, car il l’a créé presque comme un dieu ! Ne l’a-t-il pas créé à son image...

« Qu’est-ce que l’homme ? » peut s’entendre aussi par : « De quoi est-il capable cet homme ? ». C’est peut-être la question que se pose le psalmiste sur lui-même devant son Dieu. De quoi est-il capable ? On peut répondre du pire des pires jusqu’à la destruction de son humanité, don de Dieu. On peut répondre tout à la fois, du meilleur des meilleurs comme fils de Dieu...

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Ces questions ont été posées, méditées à la lumière de la Parole de Dieu, priées :

  • L'homme, un loup pour l'homme

C'est ce qu'exprimait le Pape François, le 26 mai 2014, lors de sa visite au Mémorial de Yad Vashem :

« Où es-tu ? Où es-tu passé ? Homme, qui es-tu ?
Je ne te reconnais plus. Qui es-tu ?
De quelle horreur as-tu été capable ?
Qu'est-ce qui t'a fait tomber si bas ?
Qui t'a corrompu ? Qui t'a défiguré ? »

ainsi que ce poème de Mawussi Koutodjo :

« Bourreau qui travailles mon dos, as-tu un corps d'os et de chair ?
Bourreau qui blesses mon corps, as-tu un cœur qui aime ?
Garde qui lies mes mains, as-tu un corps d'os et de chair ?
Garde qui fais saigner mon corps, as-tu un cœur qui aime ?
Bourreau qui électrocutes mon corps, as-tu un corps d'os et de chair ?
Bourreau qui m'abats d'un coup de fusil, m'as-tu donnée la vie ?
Garde de l'ombre de la mort, connais-tu la clarté de la vie ?
Tu hurles comme une hyène, pourtant je sais que tu es un homme. »

  • L'homme, un « roseau pensant » (Blaise Pascal)

Père Christian de Chergé, prieur de Tibhirine, enlevé et assassiné :

« Quand la nuit est là, quand la lumière n'a pas de nom en dehors de la foi,
Dieu de toute aurore, avec le Fils en agonie, nous voulons te bénir encore.
Quand la blessure est là, quand la vie n'a pas de nom en dehors de la volonté,
Dieu affrontant toute mort, avec le Fils blessé à jamais, nous voulons te glorifier encore.
Quand la lutte est là, quand la victoire n'a pas de nom en dehors de l'amour,
Dieu toujours plus fort, avec le Fils héritier de nos mort, nous voulons t'adorer encore. »

  • L'homme créé à la ressemblance et à l'image de Dieu

(Gn 1, 27 et Gn 5, 1-2)

Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi, fils de la terre ?
Qui donc est Dieu si démuni, si grand, si vulnérable ?
Qui donc est Dieu pour se lier d’amour à part égale ?
Qui donc est Dieu s'il faut pour le trouver un cœur de pauvre ?
Qui donc est Dieu s'il vient à nos côtés prendre nos routes ?
Qui donc est Dieu que nul ne peut aimer s'il n'aime l'autre ?
Qui donc est Dieu qu'on peut si fort blesser en blessant l'homme ?
Qui donc est Dieu pour nous ouvrir sa joie et son royaume ?
Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ?

Chantal Crétaz :

« ... Foi en toi, Fils de la résurrection,
Donne douceur et assurance à ceux qui perdent force,
Sois espérance contre vents et marées dans leur nuit.
Étoile dans les ténèbres, rappelle à ceux qui torturent
Que leur puissance est illusion et les déshumanise.
Que t'es-il arrivé, bourreau, pour en arriver là ?... »

C'est avec l'image du Christ souffrant et 10 portraits d'hommes et de femmes
que toutes ces paroles ont pris sens

Défenseur des droits de l’homme torturé au Bahreïm
Naji Fateel vient d’entamer sa deuxième année d’emprisonnement pour son opposition pacifique au régime bahreïni. Ce blogueur et membre de la Société bahreïnie de la jeunesse pour les droits de l’homme (Bahrain Youth Society for Human Rights - BYSHR) a été condamné le 29 septembre 2013 à 15 ans de prison en raison de sa participation aux soulèvements populaires qui agitent le Bahreïn depuis plus de quatre ans.

À la suite de son arrestation le 2 mai 2013, il a été soumis à plusieurs séances de torture pendant ses trois jours de détention… Il a dû être conduit à deux reprises à l’hôpital. Devant le procureur, Nafi a été forcé de signer des aveux sans pouvoir les lire. Lors de son procès, il a montré les traces de torture aux juges qui l’ont pourtant condamné à 15 ans d’emprisonnement uniquement sur la base de ses aveux forcés en raison de sa participation au mouvement de la Coalition du 14 février, l’un des acteurs du soulèvement populaire.

Ce n’est pas la première fois que Naji est victime de la répression. Il avait déjà été torturé et jeté en prison entre 2007 et 2008... À travers cette dernière condamnation à 15 ans d’emprisonnement, les autorités bahreïnies entendent le réduire définitivement au silence.

Écrivain, militant d’opposition torturé et détenu pour ses positions politiques au Cameroun (libéré le 27 avril 2015)

Enoh Meyomesse est écrivain, blogueur, essayiste politique, président de l’Association nationale des écrivains camerounais et membre du Front national uni (FNU), un parti d’opposition. Il a été arrêté le 22 novembre 2011. Après un mois de détention au secret dans une cellule d’isolement à l’obscurité totale, il a été inculpé de « tentative de coup d’État », de « possession d’une arme à feu » et de « vol à main armée » par la justice militaire et transféré le 22 décembre 2011, à la prison centrale de Kondengui, à Yaoundé, où les conditions de vie des prisonniers sont très difficiles.

Enoh Meyomesse a déclaré à un journaliste de Radio France internationale (RFI), venu le rencontrer en prison, avoir été torturé pendant un mois et avoir subi des mauvais traitements, dans le but d’obtenir ses aveux à propos d’un braquage avec vol d’un kilo d’or et vol d’armes en vue de commettre un coup d’État... Aucun témoin, ni preuve matérielle à l’appui n’ont été présentés à l’audience. L’accusé n’a pas été autorisé à présenter sa défense. L’un des coaccusés de l’écrivain, au cours de son audition, a disculpé Enoh Meyomesse. Mais les juges n’ont pas tenu compte de son témoignage... D’après le Gouvernement camerounais, Enoh Meyomesse est un prisonnier de droit commun. Selon nous, Enoh Meyomesse a été condamné uniquement pour ses positions politiques.

Pasteur en train de mourir en prison en Chine

Coups, passages à tabac à répétition par les membres du personnel de la prison et ses codétenus, détention au secret, séances quotidiennes de lavage de cerveau, privation de soins médicaux, attaques cérébrales, coma prolongé, voici ce que le pasteur Gong Shengliang subit depuis 14 années dans les geôles chinoises. Pour quel crime purge-t-il une si longue peine ? Il a simplement fondé et dirigé une communauté protestante évangélique devenue importante en Chine. Arrêté en 2001, il a été condamné à l’issue d’un procès inéquitable sur le fondement d’aveux obtenus sous la torture.

Blessé gravement au visage après avoir été frappé par un codétenu, le pasteur a perdu l’usage de l’oreille droite. Depuis un accident cérébral vasculaire survenu en détention en 2012, il est dorénavant hémiplégique, il n’est plus capable de parler, ni d’avaler sa salive. Il est privé des soins médicaux urgents dont il a besoin. Ni lui, ni sa famille ne peut accéder à son dossier médical. « La santé de mon père se dégrade rapidement » s’alarme sa fille Gong Huali. « Les autorités pénitentiaires lui refusent un examen médical approprié. Son état s’aggrave chaque jour. Ils sont en train de le tuer ».

Harcelé et torturé par les gardiens en Colombie, il développe des problèmes psychiques

Hosman Polo Carrillo est un détenu de droit commun. Il a été condamné à l’âge de 17 ans à une peine de prison de 29 ans et six mois. Ses conditions de détention très dures, les punitions injustifiées et les mauvais traitements à répétition ont entraîné ses problèmes psychiques. Il a tenté de se suicider par deux fois, lors de crises schizophréniques.

Sa maladie a été formellement diagnostiquée le 1er mars 2011. Depuis, il a été torturé à au moins trois reprises... Dans les trois cas, la famille a porté plainte. Aucune procédure n’a encore abouti. Les gardiens mis en cause tentent régulièrement d’empêcher ou de nuire à la confidentialité des visites de M. Polo Carrillo avec ses avocats.

Torturé en garde à vue, en République du Congo, il a perdu l’usage de ses mains

Samson Moungoto, père de quatre enfants et âgé de 42 ans, a été arrêté le 30 avril 2013. Accusé de complicité de vol d’un ordinateur portable au siège d’une entreprise de téléphonie à Brazzaville.

Après une nuit passée en garde à vue, les policiers lui ont demandé de se déshabiller. Il a été amené à l’arrière du commissariat, à l’abri des regards... Dans une position douloureuse, le corps dans le vide, Sam-son Moungoto a été frappé durant plus de trois heures. Il a également fait l’objet de brûlures très graves. Constatant qu’il était en train de mourir, les policiers ont mis un terme à la séance de torture et l’ont conduit à l’hôpital de Makélékélé. Malgré les soins prodigués, Samson Moungoto a perdu l’usage de ses mains gravement brûlées.

Samson Moungoto a déposé deux plaintes. Il vit aujourd’hui du soutien de ses proches et ne reçoit aucune aide de l’État. Profondément blessé dans sa chair et sa dignité, il attend que justice lui soit rendue. Pour espérer retrouver l’usage de ses mains, il faudrait qu’il puisse être soigné à l’étranger.

Victime de coups de fouet et autres mauvais traitements en détention (libéré le 9 juillet 2015)

Roberto Berardi, un homme d’affaires italien âgé 49 ans, a été arrêté le 16 janvier 2013 puis incarcéré en Guinée Equatoriale. À la suite d’un procès inique et expéditif, il a été condamné le 26 août 2014 à deux ans et quatre mois de prison pour « vol de biens » et « fraude ».

Sa santé s’est fortement dégradée du fait de ses conditions déplorables de détention et des violences dont il a été la cible. Puis il a été placé à l’isolement dans une cellule infestée de cafards et de moustiques, et avec une température pouvant dépasser les 40°C. Il y est resté plus de deux mois, sans explications. Il avait eu le malheur de recevoir la veille une visite d’un représentant de l’ambassade d’Italie au Cameroun (accrédité en Guinée équatoriale). La famille de Roberto Berardi n’est, jusqu’à ce jour, pas autorisée à se rendre en Guinée équatoriale. Toutes leurs demandes de visa ont été refusées.

Soumise à la loi du silence au Maroc

Âgée de 26 ans, Wafaa Charaf est une militante engagée au sein de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), du mouvement des jeunes du 20 février et du parti de la Voie démocratique.

Le 27 avril 2014, Wafaa a participé à Tanger à une manifestation de soutien à des syndicalistes licenciés. En rentrant chez elle, elle a été enlevée par deux hommes... Pendant plusieurs heures, ils l’ont frappée, insultée et menacée en évoquant ses engagements politiques. Puis ils l’ont abandonnée sur place. Elle est allée faire constater ses blessures par un médecin et, le 30 avril, a porté plainte contre X pour torture et enlèvement auprès du procureur de Tanger. Cela lui a valu d’être arrêtée le 8 juillet dernier, placée en détention provisoire et poursuivie pour dénonciation calomnieuse et outrage à agent.

Lundi 20 octobre, la cour d’appel de Tanger l’a con-damnée à deux ans de prison ferme, 1 000 dirhams d’amende et 50 000 dirhams de dommages et intérêts à l’issue d’un procès inéquitable, afin de la punir d’avoir porté plainte pour torture. À travers cette condamnation, les autorités marocaines ont ainsi montré leur volonté d’imposer la loi du silence aux victimes afin de protéger l’image de la monarchie qui se targue d’être le chantre de la lutte contre la torture.

Torturé à mort par la police au Mexique, sa famille exige une enquête

José Rolando Pérez de la Cruz, 21 ans, et son épouse, Lucía Pérez Hernández, rentraient chez eux quand huit policiers municipaux d’Acala (Chiapas) ont embarqué le jeune homme dans un fourgon. Des témoignages établissent que M. Pérez de la Cruz a été vu au commissariat municipal, traîné pieds nus et sans chemise par un policier. Plus tard, il a de nouveau été aperçu, inerte, embarqué dans un fourgon pour être conduit à la clinique.

Là, il a été déclaré mort. Les résultats de l’autopsie font état d’une asphyxie par pendaison et d’une absence de lésions externes et internes. Raison pour laquelle les autorités allèguent que M. Pérez de la Cruz s’est suicidé et qu’il n’a pas été brutalisé, malgré des témoignages contraires. Pendant cinq mois, malgré les menaces et le harcèlement permanent, la famille de la victime et leurs soutiens ont campé devant la mairie afin exiger l’ouverture d’une enquête pour torture ayant entraîné la mort. Pour l’instant, le juge n’a accepté de délivrer des mandats d’arrêt que pour « abus d’autorité » et seul un policier sur huit a été arrêté. Le ministère public a fini par ouvrir une enquête pour « homicide », mais toujours pas pour « torture ».

À la recherche de son fils disparu au Sri Lanka, une mère doit se battre pour retrouver sa liberté

Jeyakumari Balendran a passé un an à croupir dans une prison notoirement connue pour son recours à la torture. Son tort : avoir demandé au gouvernement sri lankais des informations sur son fils disparu depuis 2009.

Cette militante tamoule se bat contre les disparitions forcées depuis que son fils de 15 ans a disparu en 2009 et que ses deux autres fils ont été tués pendant la guerre. Enrôlé de force par un groupe d’opposition armée quelques mois avant la fin du conflit, ce jeune tamoul s’était rendu volontairement à l’armée sri lankaise à la fin de la guerre. Depuis la famille n’a plus aucune nouvelle et se heurte au silence de l’armée. A-t-il été tué ? Est-il détenu ? Où est-il ?

Sa mère et sa sœur de 13 ans n’ont cessé de demander des comptes aux autorités concernées. Jeyakumari Balendran est devenue un symbole pour les familles de disparus au Sri Lanka, jusqu’à devenir gênante pour les autorités ; d'où son arrestation. Sa fille, présente au moment de l’arrestation, décrit le climat de violence et de peur. Les cris, la brutalité, sa mère traînée par les cheveux et attachée avec des menottes électriques, les menaces de mort à l’encontre de sa fille si Jeyakumari ne parle pas...

À la faveur du changement de gouvernement en janvier 2015 et de la campagne de soutien menée depuis un an en sa faveur, à laquelle l’ACAT a contribué, elle a bénéficié en mars dernier d’une remise en liberté sous caution...

Une mère qui veut simplement savoir si son fils est vivant ou mort ne devrait jamais avoir à subir cela.

Victime des dérives de la lutte antiterroriste en Tunisie

Arrêté par une brigade antiterroriste le 20 août 2014, Sami Essid a été torturé pendant trois jours, jusqu’à ce qu’il signe des aveux sous la contrainte. Il vient gonfler les rangs toujours plus nombreux des jeunes salafistes présumés, torturés au nom de la lutte antiterroriste.

Il dit avoir été torturé pendant trois jours tandis qu’on l’interrogeait sur ses liens avec des terroristes présumés. Il aurait notamment été giflé à de très nombreuses reprises, privé de sommeil, d’eau et de nourriture, exposé au soleil pendant plusieurs heures et soumis au supplice de la falaqa. Il pense aussi avoir été drogué en raison des hallucinations qu’il a eues. Il a fini par signer des déclarations sous la contrainte... Depuis son incarcération, il ne reçoit pas les soins médicaux dont il a besoin et est régulièrement privé des visites de son épouse, sans explication. L’état physique et psychologique de Sami est aujourd’hui très préoccupant et il risque d’être condamné sur la base d’aveux forcés.

Pour savoir comment les aider, en plus de la prière, et en savoir plus,
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  • Conclusion

Qui donc est l'homme ? Celui que Dieu aime par dessus tout !
Celui qui est capable du pire du pire, et du meilleur du meilleur.
Celui qui est capable de la plus grande faiblesse et de sa force d'homme debout !


L’homme d’espérance
de Sœur Myriam
diaconesse de Reuilly

L’homme d’espérance est un veilleur
Il est campé dans les nuits
Mais l’unique clarté a fait chanter son âme.
L’homme d’espérance est un veilleur.

L’homme d’espérance est un cri,
Il annonce le jour
Lorsque rien ne le montre.

Il proclame des pas quand tout paraît désert.

Il crie que Quelqu’un vient
Alors qu’on n'attend plus,
L’homme d’espérance est un cri.

L’homme d’espérance est un cantique.
Il chante à pleine voix
Pour éveiller les morts.

Il n’a rien d’autre à faire sur la terre des hommes
Que de passer sa vie
À raconter la Tienne.

L’homme d’espérance, Seigneur,
Est Ton CANTIQUE.